Nous voulons tous réussir ce que nous entreprenons et nous vivons nos échecs dans la douleur, voire dans l’humiliation. La réussie nous réjouit, l’échec nous diminue. En d’autres termes, l’échec est une faute.

En tous cas en Europe et particulièrement en France. Car ailleurs, dans le monde anglo-saxon notamment, l’échec n’est pas perçu comme une sanction, qui contraint à renoncer, mais comme une expérience qui permet de rectifier le tir.

Les plus belles réussites des inventeurs, créateurs ou acteurs de l’histoire que nous admirons ont emprunté les détours de l’échec, lequel, accepté et mûri, leur fût nécessaire.

Pourquoi ?

Parce qu’ainsi que nous le dit le philosophe Charles Pépin dans son dernier ouvrage*, l’échec a des vertus : il nous apprend à prendre la mesure du réel, à nous confronter aux autres et à évaluer notre endurance. En nous permettant d’identifier nos limites, l’échec nous conduit à élargir l’éventail de nos capacités.

N’est-ce pas après l’échec de son couple et la perte de son emploi que Jackie Rowling a découvert sa vocation d’écrivain en créant le personnage de Harry Potter ? N’est-ce pas en échouant dans la peinture que Serge Gainsbourg est arrivé à la chanson ?, ou en subissant le rejet de ses pairs pendant de longues années que Charles de Gaulle a fini par s’imposer ? « La difficulté attire l’homme de caractère, écrira-t-il dans ses Mémoires de guerre, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même ».

L’échec permet de réussir ses succès.

*Les Vertus de l’échec. Charles Pépin (Allary Editions, 2016)  

Source : Philosophie Magazine n°103-octobre 2016