La question peut  paraître saugrenue, voire décalée mais mérite d’être posée.

Le Shinrin-Yoku, littéralement « bain de forêt », est né au Japon dans les années 80. Il s’agit de se promener en forêt, de marcher lentement, seul, et en silence. Rien de plus. Et ce petit rien constitue aujourd’hui une pierre angulaire de la politique de médecine préventive au Japon. Là-bas, le Shinrin-Yoku a un véritable statut. De quoi s’y intéresser.

C’est l’Agence des forêts japonaise qui a la première introduite le terme Shinrin-Yoku. L’idée était d’inciter les japonais à se promener en forêt et à éveiller les sens aux nombreuses interactions que le milieu forestier offre. L’Agence reconnaissait cette pratique comme une véritable hygiène de vie, mais aucune étude scientifique sérieuse pouvant justifier le sentiment de calme et de bien-être ressentis par cette pratique, n’avait encore été publiée.

Au milieu des années 90, les premières études scientifiques sur les effets physiologiques de la pratique du Shinrin-Yoku sont publiées. Il est ainsi révélé que des sujets passant 40 min en forêt deux fois par jour voient leur tension artérielle baisser de même que leur taux de cortisol (dit hormone du stress) salivaire. Ce fut la première fois que l’effet déstressant du Shinrin-Yoku était mesuré.

D’autres études sont venues compléter les recherches par la suite. On peut citer la diminution du taux de glucose dans le sang chez des diabétiques, l’augmentation de l’activité des cellules tueuses naturelles (effet « anti-cancer ») et du taux d’immunoglobuline A, G et M dans le sang. Les effets psychologiques bénéfiques de la pratique du Shinrin-Yoku ont également été révélés.

A été également étudiée l’influence des environnements forestiers sur nos sens. En comparant les études sur le terrain et les études en laboratoire, les chercheurs japonais ont pu démontrer que nos systèmes sensoriels sont influencés par les informations reçues de façon visuelle, auditive, olfactive et même tactile. Or, les plantes produisent des substances appelées Phytoncides que nous captons par l’odorat et qui ont des impacts sur certains indicateurs. Ainsi, l’odeur dégagée par les Cèdres du Japon (Cryptomeria japonica) a pour effet de faire baisser la pression sanguine systolique et ce dès 40 à 60 secondes après l’inhalation.

Alors, allez prendre votre bain !