Essai brouillard salin selon l’ISO 9227 : identifier des discontinuités sur trois zones non conformes
La problématique ?
Dans le cadre de la validation d’un traitement anticorrosion appliqué sur des pièces métalliques, l’un de nos clients a constaté l’apparition de points de corrosion après exposition en environnement humide et salin. Les pièces respectent pourtant les critères visuels définis dans le cahier des charges et aucun défaut évident n’est détecté lors des contrôles de production.
Le client a souhaité alors déterminer si ces phénomènes sont liés à des discontinuités locales du revêtement, notamment sur trois zones identifiées comme sensibles en raison de leur géométrie et de leur exposition.
Il a sollicité FILAB afin de réaliser un essai de brouillard salin selon l’ISO 9227 et d’évaluer le comportement de ces trois zones.
Préparer les pièces et identifier les zones à surveiller
Le laboratoire a réceptionné plusieurs pièces représentatives du lot présentant les défauts. Avant le début de l’essai, les techniciens ont identifié et repéré les trois zones suspectées d’être à l’origine des phénomènes de corrosion. Ces zones correspondent notamment à des arêtes, des changements de géométrie ou à des zones de transition entre différentes surfaces.
Un état initial a été réalisé afin de disposer d’une référence avant exposition. Les surfaces ont été photographiées et les éventuelles imperfections présentes avant l’essai consignées. Cette étape a permis de distinguer les défauts initialement présents sur les pièces des dégradations qui apparaissent au cours de l’exposition.
Réaliser l’essai de brouillard salin selon l’ISO 9227
Les pièces ont ensuite été placées dans une enceinte de brouillard salin conformément aux conditions définies dans le protocole d’essai.
L’essai consiste à exposer les surfaces des pièces à une atmosphère saline contrôlée, afin d’accélérer les phénomènes de corrosion et de révéler d’éventuelles faiblesses du système de protection.
Des contrôles intermédiaires ont permis de suivre l’évolution des trois zones identifiées. Au cours de l’exposition, les premières traces de corrosion sont apparues au niveau de certaines zones suspectes. Leur évolution est ensuite suivie et comparée entre les différentes pièces. L’essai permet ainsi de reproduire et d’accélérer les phénomènes de corrosion que le client observe lors de l’utilisation de ses pièces.
Examiner les trois zones après exposition
À l’issue de l’essai, les pièces ont été examinées afin de localiser précisément les zones présentant des signes de corrosion. Les résultats montrent que les phénomènes de corrosion ne sont pas répartis de manière homogène sur les pièces. Ils sont principalement concentrés au niveau des trois zones identifiées avant l’essai.
Une première zone présentait plusieurs points de corrosion localisés. Une deuxième zone montrait une dégradation plus étendue du revêtement, tandis que la troisième révèlait une attaque principalement concentrée au niveau d’une discontinuité de surface.
Des observations complémentaires au microscope électronique à balayage (MEB) ont ensuite été réalisées afin d’examiner plus précisément la morphologie des défauts.
L’analyse a mis en évidence des zones où le revêtement présentait des discontinuités ou une couverture insuffisante du substrat métallique, offrant ainsi des points préférentiels pour l’amorçage de la corrosion.
Comparer les résultats au cahier des charges
Les résultats obtenus sont comparés aux critères d’acceptation définis dans le cahier des charges du client.
Les observations confirment que les trois zones étudiées présentent un comportement différent de celui attendu pour une pièce conforme. Les défauts observés après exposition sont associés à des discontinuités locales du revêtement.
Le brouillard salin permet ainsi de révéler des défauts qui ne sont pas nécessairement détectables lors d’un simple contrôle visuel initial.
Les résultats ont permis de fournir au client des éléments concrets pour rechercher l’origine de ces discontinuités au niveau de son procédé de fabrication : préparation de surface, application du revêtement, géométrie des pièces, épaisseur locale du traitement ou conditions de mise en œuvre.
Conclusion de l'étude
L’essai de brouillard salin réalisé selon l’ISO 9227 a permis au laboratoire de reproduire les phénomènes de corrosion observés par le client et de mettre en évidence les zones présentant une sensibilité particulière. Les investigations ont confirmé que les trois zones étudiées présentent des discontinuités du revêtement, qui constituent des points préférentiels d’amorçage de la corrosion.
Le croisement des résultats de l’essai et des observations microscopiques ont fourni au client des éléments objectifs pour identifier les faiblesses de son traitement et orienter ses actions correctives.
Cette étude a permis ainsi de localiser les défauts, d’évaluer leur impact sur la résistance à la corrosion et de fournir des données concrètes pour améliorer la qualité du traitement anticorrosion.

