Vous avez dit Autorité ?

Le mot autorité est porteur dans l’esprit de nombre de personnes, d’une charge très négative.

Ne parle-t-on pas d’ailleurs de régime autoritaire pour qualifier l’arbitraire, le despotisme, voire l’archaïsme.

Or, pour moi, l’autorité trouve sa pleine application dans l’entreprise et est une des clés de sa réussite. Provocation ? Non. Vous l’allez voir.

L’autorité se définit comme le pouvoir d’agir sur les autres et de se faire suivre ou obéir. Elle ne s’entend que dans l’exercice sain de ce pouvoir.

Pour moi, l’autorité naît de trois qualités que le dirigeant, ou l’encadrant, doit posséder et faire vivre concomitamment : il doit être compétent, juste et exemplaire.

C’est tout d’abord dans l’obtention de bons résultats que l’encadrant responsable, le dirigeant, construit sa propre légitimité aux yeux de ses collaborateurs. En effet, la compétence sécurise et impose un respect, alors même qu’elle n’est pas systématiquement synonyme d’adhésion.

Déjà reconnu par sa compétence, le dirigeant, l’encadrant, est aussi jugé sur l’équité, la justice de ses décisions.

Enfin, il doit être exemplaire. Pas parfait, exemplaire. C’est à dire qu’il doit y avoir une cohérence de comportement entre son discours et son action, plus simplement entre sa personnalité, ce qu’il dit, et ce qu’il fait.

Etymologiquement, le mot autorité nous vient du latin auctoritas qui signifie « conduire en dehors de soi, faire grandir ». On exerce donc l’autorité pour des personnes et non sur des personnes.

On voit bien ici qu’on est loin de l’autoritarisme, cette pathologie de celui qui exerce l’autorité pour se grandir lui-même.

La difficulté avec l’autorité dans l’entreprise, c’est qu’elle ne se donne pas. On peut donner un pouvoir (une fonction, une délégation de responsabilité), mais on ne donne pas l’autorité. Il y a d’ailleurs des signes qui ne trompent pas pour reconnaître qu’une personne n’est pas à sa place dans son autorité : l’autoritarisme (l’excès d’autorité) est le signe d’un manque d’autorité, le maternage (la crainte du conflit) est le signe de la peur de l’autorité, et le paternalisme (la décharge de l’autorité) est le refus de l’exigence que nécessite toute autorité.

On l’aura compris, l’autorité, élément de la réussite de l’entreprise, n’est pas fondée sur un inutile orgueil. C’est un charisme qui vient de l’unicité de toute sa personne.

Source : La Boussole.N°1 printemps-été 2014. Editions du Cerf

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